CHAPITRE 63


« On s'est connus le temps de plaire
et je ne sais plus si tu en vaux la peine,
c'est plutôt dur d'en être certaine. »
 
👑 👑 👑
 
La jeune femme sortit de l'aéroport d'une démarche décidée, implacable, seulement un sac sur le dos. Elle n'était pas là pour longtemps. Juste le temps de s'expliquer avec Gabriele, s'expliquer vraiment. Le téléphone ne marchait pas, ils l'avaient bien expérimenté, ça n'empirait que les choses. Puisqu'il ne semblait pas décidé à vraiment prendre les choses en main, elle le faisait : elle venait d'arriver à Rome.
 
Elle avait passé les deux heures de vol à réfléchir à comment formuler ses mots, ses pensées, ses peurs et ses ressentiments. Tout son discours était prêt dans sa tête. Elle était prête. Quand, quinze minutes plus tard, elle sortit du taxi qui la ramenait à l'appartement de Gabriele, elle monta les escaliers, se servit des clés qui n'avaient jamais quitté son sac, et entra. Ce fut à la fois une bouffée d'air qu'on lui donnait et qu'on lui ôtait.
 
Depuis combien de temps n'était-elle plus venue ? Assez longtemps pour que l'odeur, le silence, le bruit de ses pas sur le parquet, lui semblent des choses étrangères. Elle ne reconnaissait plus l'appartement de Gabriele. Leur appartement. Est-ce que c'était un signe ? Est-ce qu'il fallait le voir ainsi ?
 
Elle posa son sac dans l'entrée et, presque hésitante, fit le tour des pièces, comme une découverte. Etrangement, elle se rappela de la première fois où elle était entrée ici. Elle eut un rictus en se souvenant qu'elle pensait alors, en voyant l'appartement agencé pour deux, qu'il vivait avec quelqu'un. Qu'est-ce qu'elle était idiote, un an en arrière.
 
Le lit était fait, la salle de bains vide, le salon figé. Tout était mort. Forcément : Gabriele était en tournée. Si elle avait bien tout compris, il rentrait aujourd'hui de Naples. Naples, ou bien Florence... Elle ne savait plus trop bien. Elle s'en fichait, au fond. Du moment qu'il rentrait, elle n'avait pas besoin de savoir d'où. Cette pensée lui confirmait bien ce à quoi elle pensait : elle ne s'intéressait plus à lui. Et sûrement que lui ne s'intéressait pas plus à elle...
 
Après avoir fini son tour de l'appartement, elle resta plantée au milieu du salon. Elle n'osait pas s'asseoir, se mettre à l'aise, faire comme chez elle ; c'était idiot puisqu'elle était chez elle. Mais elle ne se sentait pas légitime ici, entre ces murs qui l'avaient trop peu vue ces derniers mois. Elle ne se sentait plus à sa place. Oui, décidément, c'était sûrement un signe.
 
Le temps passa plus vite qu'elle ne l'aurait pensé. Elle eut seulement le temps d'inspecter rapidement l'appartement plus dans ses détails, comme si elle cherchait d'autres signes. C'était bête. Ce n'était pas la meilleure chose à faire, elle le savait... Mais elle le faisait quand même. Elle était bête, sûrement. Peu importait maintenant.
 
Et puis, elle sortit sur le petit balcon, se sentant étouffer comme si les murs se resserraient sur elle, et inspira profondément en s'accoudant à la rambarde. Les rues de Rome s'étendaient sous ses yeux et elles lui avaient tant manquées. Elle laissa glisser, dériver, rouler son regard, le long de ce labyrinthe organisé, puis le rapprocha en regardant sous elle, dans la rue passante. A dix-huit heures, elle s'animait peu à peu, et quelques passants la rendaient vivante. Une femme et son fils rentraient de l'école, un étudiant était au téléphone et avait l'air de s'énerver, et un couple remontait la rue. Un autre, d'ailleurs, riait et vint s'arrêter devant la porte de l'immeuble de Gabriele. Intriguée, Camille s'y attacha un peu plus. Elle détailla le visage de la femme et elle lui sembla familière mais elle ne la reconnut pas. Par contre, elle reconnut très bien l'homme à qui elle venait de frapper l'épaule en éclatant de rire. Elle l'aurait reconnu entre mille puisque c'était Gabriele.
 
Camille se figea, mains crispées sur la rambarde du petit balcon. Ah, c'était ça. Ah, ils riaient. Ah, il la regardait comme ça, ah, elle s'agrippait à son bras, ah, ils ne s'arrêtaient plus de discuter... Gabriele s'adossa au mur de l'immeuble, posa son sac à ses pieds sans quitter l'autre femme du regard. Cette dernière pouffait toujours, comme une dinde ridicule, et Camille sentait petit à petit un froid glacial s'étendre dans sa poitrine.
 
Elle resta immobile quelques minutes de plus, comme hypnotisée par cette scène qui la dégoûtait plus qu'autre chose, puis sortit enfin de sa torpeur. Elle n'était plus glacée désormais, au contraire, elle bouillait intérieurement. Son corps se remit en état de marche, et elle retourna dans l'appartement, quittant le balcon et ses visions d'horreur. Son sac était au milieu du salon et elle n'avait amené que ce bagage, mais il devait bien rester une valise dans la chambre. Elle en trouva une sous le lit et entreprit rageusement d'y fourrer le maximum de choses. Il ne restait pas beaucoup d'habits ici mais elle y entassa tout le reste : un petit cadre, un pull qui traînait, son oreiller, un carnet égaré dans sa table de chevet... Elle ne réfléchissait même pas. Du moment que ça lui tombait sous la main et que ça rentrait dans la valise, elle l'y déposait. Elle inspecta toute les pièces, puis arriva dans le salon en traînant derrière elle son bagage bien alourdi. Elle renversa tout ce qui se trouvait sur la table basse dans un mouvement rageur, et ce fut ce moment que Gabriele choisit pour entrer.
 
Elle ne l'avait même pas entendu se servir de ses clés. Il poussa la porte, entra dans l'appartement, et son regard se posa alors sur elle. Ses yeux s'arrondirent de stupeur, sa bouche s'entrouvrit, et il resta muet quelques instants avant de sourire largement en écartant les bras et laissant tomber sa valise.
 
« Mommo mio, ma che... Sei qui ! »
 
Il s'approcha en quelques pas, et en la voyant se redresser, il prit cela pour un accueil et voulut l'enlacer en cherchant sa bouche. Mais la jeune blonde se dégagea brusquement, presque violemment, évitant son regard. Et il comprit.
 
« Ah. » souffla-t-il après quelques secondes. « Tu es pas revenue pour me voir... »
 
Il avait l'air déçu et réellement attristé. Pendant un instant, Camille se sentit presque flancher. Elle se reprit en revoyant l'image de Gabriele et l'autre poufiasse, au bas de l'immeuble, qui riaient ensemble et ne se quittaient pas des yeux. Son visage se referma, ses traits se durcirent à nouveau, et elle recula d'un pas en le toisant de haut en bas.
 
« Mais apparemment je te manquais pas. » siffla-t-elle dédaigneusement.
« Che... Che cazzo di... »
« Arrête. Arrête, Gabriele, prends pas cet air innocent. Te fatigue pas, c'est même pas la peine... Je vous ai vus. »
« Je comprends r... »
« Arrête ! » gronda-t-elle en haussant le ton brusquement. « Je vous ai vus, toi et ta... Ta... Ta pute, là, il y a cinq minutes ! »
 
Le danseur fronça les sourcils, posa son sac à ses pieds en croisant ensuite les bras sur sa poitrine, décidé à encaisser tout ce qu'elle s'apprêtait à hurler en explosant. Ca ne loupa pas.
 
Elle parla de la « connasse » avec qui il était au bas de l'immeuble, dit qu'elle les avait vus rire, qu'elle comprenait bien. Elle ne manquait pas forcément au tableau, finalement. Elle comprenait sa distance, maintenant, elle comprenait pourquoi elle ne lui manquait pas, pourquoi au contraire il l'évitait... Tout s'éclairait. Elle avait l'air presque triste en disant tout ça, mais tout à coup son expression changea et il sut que le pire n'était pas passé. Peut-être que finalement, cette fois, il ne s'en sortirait pas en laissant simplement la vague passer au-dessus de lui.
 
« Tu sais quoi ?! Je pense qu'on s'est tout dit, finalement. Je pense que je vais pas te déranger plus que ça. Je sais même pas pourquoi je suis là, pourquoi, tu peux me le dire ?! Pour voir ta sale gueule, pour voir l'autre conne rire dans tes bras, pour être en trop ?! J'aurais vraiment mieux fait de rester à Paris. » cracha la blonde avant d'asséner, sur un ton sans réplique, ce qu'elle savait être le coup fatal : « De toute façon c'est là qu'est ma vie maintenant. »
« Cam... »
 
D'un geste dédaigneux, elle le coupa dans son élan et se pencha pour rattraper la valise qu'elle avait fermée et son sac qu'elle glissa sur son dos. Alors, seulement à cet instant, alors que la vague venait de s'écraser sur la digue en y faisant le plus de dégâts possibles, Gabriele comprit. Elle partait. Elle était en train de partir.
 
« Camille che stai fa... »
 
Elle se redressa vers lui, lui adressa un regard qui lui sembla inexpressif. Voir qu'il ne réussit pas à y lire ce qu'elle pensait acheva de la décider.
 
Elle lui hurlait des « retiens-moi » rien qu'avec les yeux. Elle ne pouvait pas le dire autrement de toute façon. « Retiens-moi, retiens-moi, retiens-moi... » S'il la retenait, s'il lui demandait de ne pas partir, alors elle ne partirait pas. Il n'avait qu'à la comprendre. S'il voulait la garder, il n'avait qu'à le lui dire. Elle n'attendait que ça. Elle n'attendait que ça et rien d'autre.
 
Mais il ne fit rien. Il ne fit rien parce qu'il n'osa pas. Elle avait l'air d'avoir pris sa décision. Il ne voulait pas qu'elle le haïsse plus encore. Il ne voulait pas la brusquer. Il ne voulait pas la contrarier... Non. Non, non, ce n'était pas vrai... Ce n'étaient que des prétextes. Il n'osait pas, tout simplement. Il se sentait plus démuni que jamais. Simplement désarçonné. Tout arrivait si vite et il ne comprenait pas. Il ne savait plus quoi faire.
 
« Je me casse. J'ai plus rien à faire ici. Ca sert à rien. Je... Je sais pas pourquoi je suis venue. Je rêvais sûrement. Je... Ca... »
 
Elle parlait de plus en plus vite, de plus en plus confusément, et avait baissé les yeux, ne lui laissant plus l'occasion d'y voir quoi que ce soit. De toute façon il n'y lisait rien, à quoi bon ? Elle rajusta son sac sur son épaule et rejoignit la porte. Ce fut l'électrochoc qui secoua Gabriele. Il fit volte-face pour ne pas cesser de la regarder, et tendit une main vers elle comme pour la rattraper. Elle lui échappa de peu.
 
« Ma... Camille... » souffla-t-il, plus doucement qu'il ne l'aurait voulu.
 
Il n'avait que murmuré. Il la vit ralentir, s'arrêter dans l'encadrement de la porte, et son c½ur se gonfla quand elle pivota légèrement la tête, se tournant presque vers lui. Il retint sa respiration, peut-être que finalement la vague n'avait pas fait tant de dégâts ? Peut-être qu'elle venait de revenir sur sa décision ?
 
« Io ti amo... »
 
Non. Ses épaules s'affaissèrent comme si elle soupirait et elle eut l'air de parler mais il ne l'entendit pas. Il ne l'entendit pas, tout comme elle ne l'avait pas entendu. Peut-être que l'orage et le tsunami qui faisaient rage dans sa tête et transpiraient de ses mots la rendaient sourde. Il aurait dû parler plus fort. Ou peut-être qu'elle n'avait tout simplement pas voulu l'entendre. Il ne le saurait sûrement jamais, puisque voilà... Elle était partie.
 
La porte se referma sourdement derrière elle. Le bruit du claquement étouffé donna à l'Italien l'impression d'un couperet s'abatant sur sa tête. Ca signait la fin. C'était fini. Il n'avait pas eu le temps de réaliser ce qu'il se passait, et c'était fini. Terminé.
 
Elle était partie. Non, non, non... Il ne pouvait pas y croire. Il aurait dû courir derrière elle, la rattraper, accrocher son bras et puis sa taille, et enfin sa bouche ; lui dire qu'il était désolé, le répéter contre ses lèvres autant de fois qu'il l'aurait fallu ; glisser son visage dans son cou et respirer son parfum, continuer de parler au creux de son oreille, murmurer qu'il l'aimait et qu'il la voulait, elle, rien qu'elle.
 
Il savait qu'il avait sa part de responsabilité. Il savait qu'il avait joué avec le feu, et voilà qu'aujourd'hui, la flamme l'avait brûlé. Ce n'était plus le brasier de leur amour... Ca n'en était que le misérable reste, la fin de l'incendie, les dernières étincelles. On ne se méfiait pas assez des étincelles. On ne se méfiait jamais assez des étincelles.
 
* * * * *
 
Son vol de retour n'était prévu que le lendemain, aussi Camille fut forcée de trouver un hôtel. Elle n'avait pas beaucoup réfléchi avant de venir, ou alors peut-être qu'un peu naïvement elle avait pensé que la situation s'arrangerait et qu'elle dormirait chez... Chez eux. Et puis, puisque rien ne s'était arrangé...
 
Elle était allongée sur le dos au milieu du grand lit de la chambre qu'elle avait payée pour ce soir, le regard dans le vague, et ruminait les dernières heures en boucle. Elle ne comprenait rien. Enfin, si, une chose était claire : elle allait rentrer à Paris seule. Et elle y resterait seule. Et il ne viendrait plus la rejoindre, et elle ne reviendrait pas non plus le rejoindre à Rome. Tout était fini.
 
Fini... Elle avait du mal à réaliser ce qu'il se passait. Fini, vraiment ? Alors ça se terminait comme ça ?
 
Ca se terminait comme ça. Même pas de point final. Leur histoire, qui avait commencée de façon floue, se terminait de manière toute aussi imprécise. Ils s'étaient attachés, s'étaient rapprochés, petit à petit et sans vraiment s'en rendre compte. Ils s'étaient détachés aussi lentement, étape par étape et sans vraiment s'en rendre compte. Maintenant, tout avait volé en éclats. C'était définitif, irrévocable. Tout était fini.
 
Ca se terminait comme ça. Plus rien. Leur histoire était finie et elle se retrouvait seule. Seule dans une chambre d'hôtel alors qu'avant elle n'y allait qu'avec lui, seule avec pour seule compagnie ses pensées embrouillées. Elle devait tirer un trait sur leur couple, sur leur histoire ; elle devait tirer un trait sur cette dernière année qui avait sûrement été la plus belle de sa vie. Elle devait tirer un trait sur tout. Tout était fini.
 
Ca se terminait comme ça... Est-ce qu'elle devait le haïr ? Le remercier ? Est-ce qu'elle lui était reconnaissante ou alors est-ce qu'elle lui en voulait ? Elle n'en savait rien. Elle n'arrivait pas à le savoir, elle n'arrivait pas à se décider ; elle n'arrivait pas à comprendre et elle n'arriverait sûrement jamais. Tout était fini...
 
Dans sa tête, tout tourbillonnait et lui donnait le vertige. Elle aurait voulu pleurer, hurler, tout détruire autour d'elle ; elle aurait voulu déchirer les draps du lit et arracher les rideaux, briser les fenêtres, vider sa valise en jetant ses affaires à travers la pièce. Peut-être que ça aurait fait taire tout ce bruit à l'intérieur de son crâne, peut-être qu'elle aurait enfin été seule, au calme, reposée. Est-ce qu'elle était condamnée à subir ça pendant longtemps ? Elle ne voulait pas y penser ! Elle voulait dormir. Dormir, rentrer à Paris, chanter, ne plus penser à Gabriele. Il était sorti de sa vie désormais. Il était sorti de sa vie...
 
Plus rien. Il n'y aurait plus rien. Elle n'arrivait pas à s'y faire. Elle n'arrivait pas à réaliser : plus rien ? Plus de ces soirées où ils se baladaient dans ces ruelles qu'ils pensaient être les seuls à connaître, en riant et en parlant fort sous les fenêtres ouvertes, en se tenant la main et se dévorant la bouche contre un mur dans l'ombre. Plus de ces après-midi où ils ne faisaient rien d'autre que de profiter l'un de l'autre, blottis au milieu d'une douzaine d'oreiller et sous trois couvertures, où elle glissait son nez dans son cou et restait ainsi longtemps, longtemps. Plus de ces matins où il la réveillait de la plus tendre des façons et où il la serrait fort, fort, fort contre lui, lorsqu'il n'avait pas envie de quitter le lit. Plus rien.
 
Mais alors, plus rien, ça voulait dire aussi plus de conversations téléphoniques tendues, plus de minutes angoissantes à attendre qu'il daigne lui répondre, plus d'heures passées à se torturer l'esprit sur le comportement qu'elle devait adopter. Plus de prise de tête. Elle était libre !
 
Libre, oui. Mais libre sans lui.
 
* * * * *
 
Ce n'était rien d'autre qu'une décision prise sur un coup de tête. Une pulsion qui l'avait poussée, ce matin, à passer la porte du petit salon de tatouage devant lequel elle était souvent passée. Avant d'y entrer, elle avait croisé la fontaine de Trevi. Son c½ur s'était légèrement serré en repensant à cette jolie soirée qu'ils avaient passé tous ensembles, où Gabriele lui avait expliqué la tradition du monument. Depuis, elle avait jetée une pièce à chaque fois qu'elle quittait à nouveau la ville : ça promettait son retour. Elle n'aurait pas pensé, lors de son dernier séjour, revenir pour cette raison.
 
Alors maintenant elle était là, plantée devant cette fontaine, le c½ur brûlant, et ce n'était pas qu'une métaphore. La sensation de l'aiguille qui glissait l'encre sous sa peau restait cuisante, juste en-dessous du sein gauche. Ce n'était rien d'autre qu'une décision prise sur un coup de tête...
 
Allait-elle le regretter ? Elle était certaine que non. Ca n'arriverait pas. C'était une décision soudaine et peut-être irréfléchie, mais elle avait conscience de sa signification et de son poids. Elle l'assumerait.
 
Elle l'avait dans la peau. Trois mots, trois petits mots de latin, tatoués sur son c½ur. Elle ne savait pas vraiment comment l'idée lui était venue, ni pourquoi elle lui était venue, mais en se levant ce matin elle n'avait qu'une idée en tête. Pas le temps de trop se questionner : c'était fait...
 
Elle empoigna sa valise, s'arrachant à la contemplation de la fontaine pour jeter un ½il à sa montre. Il lui restait presque deux heures pour rejoindre l'aéroport et embarquer dans son avion. Elle se retourna donc et, vaillamment, se mit en route en direction de l'arrêt de bus le plus proche.
 
Une heure plus tard, elle était dans le hall d'embarquement, assise les jambes croisées sur sa valise posée au sol. Le regard dans le vague, elle jouait rêveusement avec la bague passée à son majeur. Quand elle réalisa son geste, elle eut une idée, tout aussi soudaine que la première de la journée. La presse située en face d'elle lui permit de réaliser son projet : quinze minutes après elle terminait d'écrire une adresse sur une enveloppe. Elle y glissa la bague, colla un timbre, et la déposa dans la boîte postale. Gabriele pourrait bien en faire ce qu'il voulait.
 
L'annonce demandant aux passagers de son vol de rejoindre leur avion la surprit. Elle n'avait pas vu l'heure tourner. Mécaniquement, sans réfléchir, elle rejoignit le terminal et se plaça dans la file d'attente. Tout s'enchaîna très rapidement. Sans vraiment le réaliser, elle se retrouva dans l'avion, assise le plus dignement possible dans son siège. L'homme qui l'avait aidée à ranger sa valise au-dessus des fauteuils s'assit à côté d'elle et lui adressa un sourire charmant, qu'elle ne vit même pas.
 
L'avion décolla, et très vite ils furent au-dessus de Rome. Elle profita de la vitre à sa droite pour contempler le paysage. C'était donc maintenant... Elle quittait cette ville. Cette ville qu'elle avait appris à connaître, qu'elle avait tant aimé, qui était devenue sa ville. Elle avait la gorge nouée mais ne pleurait pas. Maintenant, alors, elle repartait. Elle quittait définitivement Rome pour retrouver Paris. Paris rimait avec la nouvelle vie qui s'annonçait...
 
Elle était venue, elle avait vu, elle avait aimé.
 
Veni, vidi, amavi.

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Comments :

  • Malou-Louvator

    05/07/2017

    Je.... C'est la fin? Mais.... Wow ... Louise est actuellement choquée...
    Franchement, je suis plutôt triste de cette fin... Mais bon, tout n'est pas rose dans la vie!... Enfin lui qui était très attaché à elle,qui la cherchait quand même etc.... Enfin bon...
    Franchement, je vais parler pour toi Romane, quand j'ai commencé à lire des fictions, je ne faisais que ça,lire lire lire... Je voyais ton identifiant souvent, mais ça ne me tentais pas, mais bon, à un moment,je n'avais plus rien à lire 😅 et un matin, je me suis dit pourquoi pas! J'ai vu qu'il y avait 9 chapitres, j'ai commençais à lire, et j'ai adoré le style d'écriture! Et après, j'ai été là à chaque nouveau chapitre de cette fiction si réaliste! C'était un tel bonheur de lire cette fiction! Et puis, c'est grâce à cette fiction que je t'ai " connue "! Je ne regrette pas le choix que j'ai fait au petit matin 😂😂
    Presqu'une année à te suivre toute les semaines, ça va quand même être un manque... Je risque de relire 2-3 fois ta fiction cet été 😂😂😂
    C'est la fiction la plus réaliste que j'ai lu jusqu'à maintenant! ( je peux te dire que j'en lis! Surtout le Captain Swan en se moment d'ailleurs!! 😂 )
    merci beaucoup Romane, merci d'avoir fait que des fois on puisse s'identifier à eux, d'avoir fait partager l'émotion, merci pour les détails, merci pour tout!
    J'espère que ce n'est pas trop cafouilliii!... 😄
    Si tu décides d'écrire encore, sur un autre thème ou quoi, sache que je répondrais à l'appel!
    Bise ma belle!

  • Lucie-Weishaar

    05/07/2017

    Tu sais déjà tout Romane je t'ai déjà tout dit ...
    Merci encore bella pour cette belle histoire!
    je suis triste et tu le sais ... Mais c'est normal!
    J'ai finis pas m'attacher à ses deux têtes de mules.
    Et je le sais, je le sens ça va me faire un gros vide. :(
    je vais de ce pas m'imaginer une fin plus heureuse (enfin du moins une fin où ils finissent ensemble)
    Parce que qui sait? Peut être qu'il va se battre un peu plus pour elle ... On ne saura jamais et c'est mieux ainsi au moins ça laisse libre court à notre imagination. :)
    "Tomber comme une larme à la fin de l'histoire"
    mais encore merci c'était une magnifique aventure et j'ai hâte de te suivre pour la prochaine!
    Bravo ! A bientôt :)

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